Résidence à Bégard en Bretagne, dans le chapiteau des Galapiats planté en plein domaine psychiatrique.

Des handicaps physiques, mentaux, des dépendances à l’alcool, à la drogue, … A chaque problème son service.
Et pour nous de jolis problèmes, un beau merdier organisationnel. Katell pas là la première semaine, puis la venue d’Antonin à la
lumière au plateau et Natasha aux costumes. L’esquisse d’un défilé de mode version scotch, membres scotchés.

KatellvoleN&B

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Crédits Photos: S.Armengol

On parle beaucoup, il pleut aussi, et surtout… une nouvelle expérience qui nous a coûté un bras de moral. On a pété le culbuto !
On appelle ça la coquille de noix : la demi sphère de 300kg est à plat sur le plancher et on s’amuse à la retourner, sachant qu’il nous faut 4 minutes d’efforts et de précautions. C’était trop lourd, nous n’avons pas poussé en même temps il est retombé à plat de sa hauteur. 
Le choc violent a détruit tout l’intérieur. Nous voilà parti pour une semaine de réparations, foireuses il faut bien le dire, avec du CP
chinois et des scies sauteuses qui coupent n’importe comment, et puis notre frustration de ne pas avoir le temps d’avancer artistiquement.


Bien sûr et heureusement, chaque jour nous intervenions dans les
services auprès des patients atteints de handicaps plus ou moins
visibles.
Là il fallait être là, 2000 fois là pour ces gens qui sortent peu des           

TousenHautMatservices où ils habitent, des gens qui ont besoin de frontières

comme repères et rester le mieux possible en lien avec notre réalité, la réalité hors les murs.

Nous étions ponts entre, dans et hors les murs, nous étions Frontière auprès d’eux.

Une frontière qui retient s’il
faut, mais surtout une frontière qui encourage à passer, à
outrepasser, puis à revenir là où on est bien, là où on est mieux, une
frontière qui veille, qui se rend mobile, qui essaye, qui découvre,
qui donne tout en apprenant d’eux et de leur inépuisable sincérité.

Il y avait de la vie là dedans, les services étaient différents, il
y avait de la mort aussi. Mais la mort met d’autant plus la vie en
relief.


Les patients quels qu’ils soient avaient quasiment tous une
sensibilité très particulière aux vibrations musicales. Ce ne sont pas
les oreilles, c’est le corps entier récepteur d’impacts musicaux.
Nous avons pris conscience, en vue de leur réaction, de la
responsabilité de nos doigts et de nos souffles dans les instants
d’échanges vibratoires qu’il y avait.

Nous avons eu la chance de les avoir en public, d’avoir leurs réactions pures, leur écoute impliquée,leur honneur et leur fierté simple qui rentraient dans une poignée de main ou dans le fait de se reconnaître deux jours après, et de se saluer encore.